La canicule a aussi pointé son nez à 2750m d’altitude. C’est pas que le nez qui prend des coups de soleil mais tous les glaciers du coin. Il fait chaud à cette altitude. Amis humains, nous y sommes bien mais pourrons-nous voir un jour des refuges à 5750m d’altitude dans les Alpes ? La réponse est non.
Neige au soleil, tu m’émerveilles ; neige fondue et disparue, tu m’angoisses.
Notez que les crevasses ne sont pas encore ouvertes sur le Glacier des Glaciers. Celui-ci fait de la résistance. Paradoxalement, les conditions d’alpi autour du refuge sont toujours bonnes. C’est partie pour un tour d’horizons.
Alpinisme
Côté alpi, le maintien des conditions se poursuit malgré les chaleurs.
Le Glacier des Glaciers est parcouru tous les jours pour le plus grand rafraîchissement de nos alpinistes. Au menu, un bain d’air frais au petit matin avec regel optionnel, la faute à la nouvelle norme Iso 4400m. La trace est faite, pas de flashs infos crevasses. Les lèvres des crevasses commencent à se voir doucement, rendant imaginable les ponts de neige. Pour l’instant, tout semble solide et chaque cordée revient enjouée de son tour sur le Glacier.
Quelques cordées se sont aventurées dans la franco-italienne (entendez arête S de l’Aiguille des Glaciers). Un bel itinéraire pour une boucle parfaite au départ du col sous la petite Aiguille. Les crampons n’ont pas été utiles aux derniers alpinistes à la double nationalité.
La Petite Aiguille des Glaciers n’a pas été mise de côté. Plus sauvage et plus humble que sa soeur, elle offre un accès au coeur des séracs sur le glacier, dit le passage du Corridor, puis une vue toute aussi délicieuse sur le versant sud du Mont Blanc.
Il y a eu du monde à l’arête Kuffner ! Jusque 9 personnes sur l’arête un samedi Saint. Les plus téméraires s’arrêtent au refuge sur la descente pour nous narrer leur longue journée et recevoir les félicitations du jury.
Les Lanchettes c’est toujours aussi chouette. Nombreuses sont les silhouettes qui pirouettent sur l’arête. Plus besoin des cramponnettes avant la fin de la croisette.
Nous avons pu observer toute une journée ensoleillée Tic et Tac dans La Steph, majestueuse voie de 470m en face SE du Tondu. D’après leurs dires : « on s’attendait à pire, le rocher est bon jusque les deux dernières longueurs sous le sommet et pas besoin de beaucoup compléter« . Dans ce sens, c’est toujours une bonne nouvelle. La Steph, bijou peu parcouru mais trésor des cimes.
Le Mont Tondu voit du monde régulièrement. Est-ce que la boîte au lettre à son sommet se remplit de petits mots d’amour ? Nous sommes des romantiques à Robert Blanc. Le Glacier du Tondu est toujours en bonne forme. L’arrivée sous l’arête sommitale du Pain de Sucre est dégarnie et votre ascension se terminera dans un joli (et court) dédale de rocher pourri. L’arête Est est une option bien connue si vous ne souhaitez pas mettre les crampons sur le glacier et sortir en format rocher. C’est joli et c’est facile. Une alternative également aux fortes chaleurs.
Mi-juin, le groupe espoir de Haute Savoie a commencé son tour de la Haute-Savoie par ses frontières. Même si Robert Blanc est en contrée savoyarde, on ne renie pas ses voisins comme ça ! L’objectif depuis le refuge ? Rejoindre Durier par les arêtes de Tré-la-Tête en passant par l’Aiguille des Glaciers, puis la voie Royale du Mont Blanc. Magnifique parcours et bel itinéraire. Nous leur souhaitons une bonne poursuite de leur projet.
Randonnée
Côté randonnée et variantes du TMB, les sentiers commencent à être pratiqués !
Les col d’Enclave et col de la Grande Ecaille ont été parcouru par quelques braves randonneurs. Les récits varient et relèvent du bon manichéisme : certains sont en-chan-tés et abordent cette technicité avec plaisir dans leur TMB, loin des foules, proche des bouquetins (et du génépi). D’autres arrivent effrayés et rôtis (mais pas à cause de la canicule ce coup-ci) : le schiste est glissant au passage du col de la Grande Ecaille, ça fait peur. L’objectivité en tant que gardiens n’est pas chose aisée, vous noterez. C’est pourquoi nous essayons tant bien que mal de rester factuels dans la description de ce sentier technique et tentons au maximum de sensibiliser les randonneurs sur l’équipement à avoir, la condition physique, l’aisance en montagne et la capacité à s’orienter.
Vers le col de la Seigne au départ du refuge, plus de monde s’est aventuré sur cette variante ! Les névés ont fondu et les câbles sont sortis. La passerelle est installée. What else ? Prendre cette variante dans le sens refuge > Courmayeur est plus simple pour suivre l’itinéraire. Dans tous les cas, nous vous recommandons d’avoir la trace GPX avec vous.
Nous n’avons pas encore eu de retours sur la variante par le col des Bouquetins. Elle semble ne pas avoir été parcourue. Le col des Bouquetins a été parcouru et paraît plus praticable que son acolyte le col de la Grande Ecaille. De la même manière, le chemin est dessiné dans la roche de schiste, friable et glissante. Il est probable que la sente ne soit pas très marquée en ce début d’été après la fonte des névés.
N’oubliez pas que le sentier Thomas Roques est un cheminement sauvage et minéral avec des parties techniques réservées aux randonneurs expérimentés. Bien sûr la condition physique est importante mais aussi le fait d’être à l’aise avec la recherche d’itinéraire (le sentier n’étant pas toujours bien marqué), et avec des sentiers escarpés et parfois raides (présence de câbles en direction du col de la Seigne et sentier en balcon au en allant direction le col de la Grande Ecaille). La difficulté est souvent liée aux conditions météos : avec de la neige cela peut rendre le sentier impraticable sans équipement. Ces éléments sont à prendre en compte au regard de comment vous êtes expérimentés.




